
Imagine que tu viens de terminer ta troisième séance de la journée sur un terrain annexe de Chambéry, ton smartphone est en rade de batterie, ta tablette n’a plus de réseau et tu dois pourtant envoyer les rushs vidéo de l’entraînement à un collègue avant la réunion du soir. Une petite boîte capable de créer un réseau local, de te filer une batterie de secours et de partager des fichiers sans passer par le cloud ressemble à un miracle. La gamme HooToo TripMate, bien que sortie des radars il y a quelques années, continue d’attirer les coachs, les enseignants et les sportifs qui jonglent entre plusieurs appareils sans connexion fixe.
| Modèle | Fonction principale | Usage cible | Points forts | Limites | Disponibilité indicative |
|---|---|---|---|---|---|
| TripMate (Nano) | Routeur / NAS sans batterie | Sédentaire avec alimentation USB (bureau partagé, vestiaire) | Ultra‑compact, prix d’occasion mini | Pas de batterie interne, Wi‑Fi N seul, app obsolète | Occasion uniquement |
| TripMate Titan | Routeur, NAS et batterie externe | Nomade (hôtel, transport, terrain de sport) | Batterie 10 400 mAh, polyvalent, serveur de fichiers | USB 2.0 lent, application instable sur iOS 17/18 | Occasion (prix constatés 20‑45 €) |
| TripMate Plus | Routeur et NAS avec batterie moyenne | Usage mixte nomade/léger (formations, week‑ends) | 6 000 mAh, bon compromis poids/autonomie | Mêmes limitations logicielles que le Titan | Occasion |
| iPlugmate | Clé USB hybride Lightning/USB | Transfert direct de photos/vidéos depuis un iPhone | Simple, sans iTunes, déclinaisons 32‑128 Go | Nécessite l’app iPlugmate, qui n’est plus mise à jour | Occasion ou stocks épuisés |
Ces quatre variantes posent la même question : un routeur portable conçu il y a presque dix ans peut‑il encore servir en 2025 ? La réponse dépend de ton appétit pour la bidouille et de ta tolérance aux limitations logicielles. Avant d’entrer dans le détail des modèles, voici l’essentiel pour t’orienter tout de suite.
Du sac de sport au bureau de fortune : présentation de la gamme HooToo TripMate
Quand on pratique le coaching itinérant ou qu’on enchaîne les interventions dans des gymnases sans réseau fiable, un simple hotspot 4G ne suffit pas toujours. Partager une connexion d’hôtel capricieuse, récupérer les datas de sa caméra sans ordinateur ou donner accès à une bibliothèque de vidéos techniques à son groupe demande un matériel léger et autonome. C’est précisément la promesse des HooToo TripMate : un boîtier de la taille d’une grosse barre de céréales qui fait à la fois routeur Wi‑Fi, serveur de fichiers (NAS) et batterie de secours.
La gamme s’est construite autour de trois routeurs (Nano, Plus, Titan) et d’une clé de transfert (iPlugmate). Tous partagent le même principe : une interface web accessible depuis n’importe quel navigateur à l’adresse 10.10.10.254, la possibilité de créer un réseau privé à partir d’une prise Ethernet ou d’un réseau Wi‑Fi existant, et le partage de contenus via un port USB. La variante Titan se distingue par une batterie de 10 400 mAh – un vrai plus quand on passe la journée loin d’une prise – alors que le Nano mise sur l’absence totale de batterie pour rester minuscule et fonctionner uniquement branché sur un port USB. Les deux utilisent du Wi‑Fi N (2,4 GHz), ce qui est largement suffisant pour du transfert de photos, du streaming de fichiers audio ou le visionnage de vidéos en 1080p, mais pas pour du montage 4K en direct.
Test terrain : ce que le TripMate Titan donne vraiment en conditions nomades
Rien ne vaut une mise en situation réelle. J’ai observé le comportement du Titan pendant plusieurs semaines d’utilisation en déplacement, dans des conditions typiques d’un coach qui travaille depuis sa voiture entre deux créneaux, d’un formateur qui pose son atelier dans une salle sans wi‑fi, ou d’un éducateur qui veut partager des fiches techniques avec ses stagiaires sans dépendre d’une connexion LTE.

Les caractéristiques clés en un clin d’œil
- Batterie lithium‑ion de 10 400 mAh – de quoi recharger deux fois un smartphone récent ou alimenter le routeur pendant une dizaine d’heures en usage continu.
- Wi‑Fi 802.11b/g/n – uniquement sur la bande 2,4 GHz, débit théorique max. de 300 Mbps, débits réels constatés entre 35 et 45 Mbps en copie de fichiers.
- Modes réseau : point d’accès, routeur (via câble Ethernet) et pont (pour répéter un réseau Wi‑Fi existant).
- Ports : 1 Ethernet RJ45 (10/100), 1 USB‑A 2.0 pour le stockage ou la charge d’un appareil, 1 micro‑USB pour recharger le boîtier.
- Serveur NAS compatible DLNA et Samba (SMB) – accepte les disques durs jusqu’à 4 To formatés en FAT32, NTFS ou exFAT (après mise à jour du firmware).
- Interface web accessible à l’adresse 10.10.10.254, application mobile « TripMate Plus » (voir plus bas).
Ce qui fonctionne vraiment
Le point fort immédiat, c’est la simplicité. Même avec une connexion d’hôtel faiblarde, le mode pont permet de créer un sous‑réseau protégé et d’y connecter jusqu’à cinq appareils : ton téléphone, ta tablette, l’ordinateur d’un collègue et une clé USB branchée sur le Titan. Tu déposes les vidéos de la séance sur la clé, et tout le groupe peut les lire en streaming depuis son navigateur sans bouger un câble.
La batterie de 10 400 mAh, elle, rend de vrais services. Lors d’une journée de tournoi, j’ai pu recharger mon smartphone deux fois tout en gardant le routeur actif pour que les juges puissent se connecter à la feuille de match partagée stockée sur une clé USB. En usage purement réseau, le Titan tient environ 10 heures, ce qui couvre une longue journée de déplacement.
Les points de vigilance
Le logiciel a pris un sérieux coup de vieux. L’application iOS « TripMate Plus » n’a pas été mise à jour depuis 2019 et n’est plus disponible sur l’App Store dans plusieurs régions, États‑Unis compris. Les utilisateurs d’iPhone sous iOS 17 ou 18 signalent des crashs intempestifs et une impossibilité de rafraîchir l’arborescence des fichiers. Sur Android, la situation est un peu moins critique, mais l’appli n’offre de toute façon que peu de fonctions par rapport à l’interface web, qui reste la voie la plus fiable pour configurer l’appareil.
Autre limite : le Wi‑Fi N uniquement en 2,4 GHz. Dans un environnement saturé (hôtel, salle de sport), les interférences peuvent ralentir les échanges. Et comme le port Ethernet est limité à 100 Mbps, le goulot d’étranglement est permanent. Enfin, le boîtier chauffe de manière modérée en usage prolongé, rien d’inquiétant, mais il devient tiède quand on l’utilise simultanément comme routeur et batterie externe.
Quatre usages concrets qui changent la donne sur le terrain
Passer de la fiche technique à la réalité du terrain, c’est là que le Titan prend tout son sens. Voici quatre situations typiques où il peut vraiment te simplifier la vie.
Partager une connexion en zone blanche : le routeur de secours
Tu débarques dans un hôtel ou un centre sportif qui ne propose qu’un accès Wi‑Fi limité à un seul appareil par chambre, ou pire, une seule prise Ethernet au milieu d’une salle de réunion. Le Titan se branche sur cette prise, crée immédiatement son propre réseau, et te permet d’y connecter ton ordinateur, ton téléphone et pourquoi pas la tablette de ton assistant. Plus besoin de jongler avec les mots de passe : tout le monde partage la même connexion sécurisée. L’absence de bande 5 GHz peut gêner si le bâtiment est déjà très pollué en ondes, mais le simple fait de disposer d’un réseau stable change la donne pour une visioconférence ou l’envoi de fichiers lourds.
Transférer ses fichiers sans cloud ni câble : le NAS de poche
Après une séance filmée, tu veux récupérer les rushs depuis l’iPad du cadreur sans iTunes, sans câble et sans attendre la synchronisation iCloud. Tu branches une clé USB (ou un petit disque dur) sur le Titan, tu copies les vidéos via l’application de fichiers ou le navigateur, et chaque membre du staff peut les télécharger immédiatement sur son propre appareil. Le protocole SMB permet même à des apps tierces de prendre le relais si l’app officielle fait des siennes. Le seul bémol reste le débit plafonné par l’USB 2.0, qui rend les transferts de plusieurs gigaoctets un peu lents – compte environ une minute pour 120 Mo.
Stocker et recharger en déplacement : l’effet couteau suisse nomade
Là où le Titan frappe fort, c’est dans sa double capacité à servir de banque d’énergie tout en restant un serveur de fichiers actif. Tu poses ton téléphone à plat, tu le branches sur le port USB du Titan pour le recharger, et simultanément tu diffuses la playlist d’échauffement stockée sur une clé vers l’enceinte Bluetooth du gymnase. Pendant un tournoi, le staff peut consulter les classements enregistrés sur le disque dur sans craindre la panne de batterie. Tout repose sur les 10 400 mAh qui, en usage mixte, t’offrent une petite journée d’autonomie.
Le hub permanent pour ordinateur portable
Ce n’est pas le rôle premier du Titan, mais en le branchant en Ethernet sur ton PC portable dépourvu de prise RJ45 et en utilisant le partage de connexion de ton hôtel, tu retrouves un accès Internet filaire stable, avec en prime un emplacement réseau accessible depuis tous les autres appareils. Tu peux laisser un disque dur de travail connecté en permanence et y accéder comme sur un serveur local, sans monopoliser le port USB de l’ordinateur. Idéal pour les missions longues où tu passes d’un bureau improvisé à un autre, à condition de ne pas avoir besoin de débits élevés.
Prise en main express : connecter son TripMate Titan en moins de 5 minutes
Pas besoin d’être ingénieur réseau. Voici la marche à suivre, testée et approuvée par des coachs qui détestent perdre du temps.

- Déballe et allume : Branche le Titan à une source d’alimentation via le câble micro‑USB (ou assure‑toi qu’il est chargé). Appuie longuement sur le bouton d’alimentation jusqu’à ce que la LED bleue s’allume.
- Connecte ton appareil au Wi‑Fi : Le Titan crée un réseau dont le nom (SSID) est généralement « TripMate‑XXXX ». Connecte ton téléphone ou ton PC à ce réseau ; le mot de passe par défaut est souvent « 11111111 ».
- Ouvre l’interface : Lance un navigateur et entre l’adresse
10.10.10.254. Tu arrives sur la page de configuration. Pense à changer immédiatement le nom du réseau et le mot de passe dans les paramètres. - Branche une clé USB : Insère ta clé dans le port USB‑A. Dans l’interface, rends‑toi dans l’onglet « Stockage » ou « USB ». Si elle est bien formatée, son contenu apparaît.
- Transfère un fichier : Depuis cette interface, tu peux uploader un fichier (par exemple une vidéo de démonstration). Ouvre le navigateur d’un second appareil connecté au même réseau, retourne sur 10.10.10.254, et tu retrouveras le fichier prêt à être téléchargé.
Astuce : dès la première configuration, réserve une adresse IP fixe pour le Titan dans ton réseau domestique si tu comptes l’utiliser aussi à la maison, cela t’évitera de devoir redécouvrir son adresse à chaque fois.
L’app iOS HooToo : le copilote mobile décrypté
L’application « TripMate Plus » était censée être le compagnon naturel du Titan : elle permet de configurer l’appareil, de naviguer dans les dossiers du disque dur connecté et de lancer des transferts directement depuis le téléphone. Le hic, c’est qu’elle n’est plus disponible dans de nombreux App Store et que les retours indiquent une instabilité quasi‑systématique sous iOS 17 et 18 (crashs, non‑reconnaissance des volumes USB). Si tu possèdes un iPhone récent, ne t’acharne pas : l’interface web fait tout aussi bien le job, et des applications tierces de gestion SMB comme FE File Explorer ou FileBrowser Pro remplacent avantageusement l’app officielle. Sur Android, on trouve encore l’APK via des sites d’archive, mais il faut accepter de vivre avec un logiciel non maintenu et des éventuelles failles de sécurité non corrigées.
Routeur portable, pour quel profil ? Le bon usage trouve son modèle
Même si la gamme HooToo n’est plus commercialisée officiellement, elle garde une vraie pertinence pour des usages très spécifiques, à condition de choisir le bon boîtier et d’accepter de se passer de support logiciel. Voici à qui ces petits routeurs peuvent encore rendre service.
Bien sûr, ces recommandations valent dans un monde où tu acceptes de fouiner sur les sites d’occasion et de vivre avec un firmware figé. Pour les réfractaires à la bidouille, d’autres routeurs de voyage plus récents existent, mais ils coûtent souvent le triple.
Questions de nomades : les réponses qu’on cherche avant d’acheter un HooToo TripMate

Le TripMate peut-il servir sans abonnement internet ?
Oui, totalement. La fonction NAS et le partage de fichiers fonctionnent en local, sans aucune connexion Internet, dès lors que les appareils sont reliés au réseau wi‑fi créé par le boîtier. Il te suffit d’une clé USB pour que le partage soit opérationnel.
Quelle différence entre TripMate et TripMate Titan ?
Le Titan embarque une batterie de 10 400 mAh, alors que le modèle simplement appelé « TripMate Nano » n’a aucune batterie et doit être alimenté en permanence. Le Titan est donc pensé pour la mobilité, le Nano pour un usage sédentaire où une prise USB est à portée.
L’app iOS est-elle indispensable ou peut-on s’en passer ?
On peut parfaitement s’en passer. L’interface web, accessible depuis un navigateur, offre toutes les fonctions de configuration. Pour les transferts de fichiers sur iPhone, des apps tierces compatibles SMB prennent le relais sans difficulté, ce qui règle le problème de l’absence de mise à jour de l’app officielle.
Peut-on brancher un disque dur externe sur le port USB ?
Oui, les modèles Titan et Plus acceptent les disques durs externes jusqu’à 4 To, à condition qu’ils soient formatés en FAT32, NTFS ou exFAT (ce dernier nécessitant une mise à jour du firmware). Le débit est limité par l’USB 2.0, donc mieux vaut éviter les opérations de montage vidéo en direct sur le disque.
Le HooToo chauffe-t-il en usage prolongé ?
Une légère montée en température est normale, surtout quand l’appareil est utilisé simultanément comme routeur et chargeur de téléphone. Le boîtier peut devenir tiède, mais jamais brûlant. Veille simplement à ne pas le recouvrir d’une serviette ou à le laisser en plein soleil pendant l’utilisation.
Selon ton usage, l’un des modèles de la gamme répondra mieux qu’un autre – le tableau en début d’article t’aide à trancher. Et même si ces petits routeurs ne sont plus flambant neufs, ils continuent de dépanner avec une efficacité que bien des gadgets modernes n’égalent pas, à condition d’accepter leur philosophie « sans logiciel à jour mais 100 % fonctionnelle en local ».
